Cette période si spéciale pendant laquelle l’activité est au ralenti peut permettre de prendre du recul et de se poser des questions sur le bien-fondé de son activité.

Pour L’Exquise Trouvaille, le relooking de meubles est né d’une passion personnelle que j’ai souhaité offrir au plus grand nombre il y a quelques années. Elle semble répondre à une tendance que la crise du Covid-19 a peut-être renforcé? En effet la crise sanitaire actuelle a accéléré le questionnement sur notre société et notre manière de vivre.

 

1 – La tendance Slow design

En 2004, un universitaire anglais, Alastair Fuad-Luke a créé l’approche Slow Design qui nous ramène à ralentir notre rythme de consommation et nous faire réfléchir sur la manière dont nous consommons et pourrions vivre mieux.

« Ainsi, le concept de slow-design va plus loin que celui d’écodesign, en y ajoutant le concept de lenteur et de réflexion, et plaçant les valeurs humaines au centre de tout : il faut rompre avec la logique du consumérisme et mettre au centre de des préoccupations, l’équilibre de l’Homme et de son environnement. La démarche s’inscrit dans le long terme en privilégiant la durabilité, la qualité et la satisfaction d’un besoin réel… Ainsi que la lenteur et la contemplation. » (Consoglobe ‘Slow-design’, la déco écolo-éthique)

 

Les valeurs du slow design :

  • Utilisation de matériaux recyclés et du surcyclage (utilisation de matériaux ou objets dont on n’a plus l’usage, réutiliser les chutes) dans le but de les transformer en objets/ meubles de qualité et de réduire les déchets de production
  • Valoriser l’artisanat et les savoir-faire traditionnels afin d’en garantir la pérennité et éviter qu’ils ne tombent dans l’oubli.
  • Respecter l’environnement et contribuer au développement durable à l’aide de techniques de production peu ou pas polluantes qui ne sont pas néfastes pour l’Homme
  • Concevoir des produits capables de répondre à un vrai besoin et non à une mode qui finira à coups sûrs par s’essouffler.
  • Privilégier des créations uniques ou développées en édition limitée (le plus souvent créées à la main) et dire non aux objets standardisés (opposition à la « rapidité » de l’industrialisation)
  • Structures et élaborations simples

Les créations slow design coûtent en général plus cher que les objets créés en masse. Cela s’explique aisément par le fait qu’elles soient souvent uniques, pleines d’esprit et faites à la main à partir de matériaux de qualité.

Elles sont aussi plus éthiques, plus respectueuses de la nature et de l’humain aussi puisque le mouvement Slow Design n’a qu’un seul objectif : atteindre le bien-être de tous les individus, de l’environnement et de la société dans sa globalité.

 Alexandra Vincent, architecte d’intérieur fondatrice de l’agence Hava Design  résume ainsi :  

« Faire le choix du slow design c’est un peu comme acheter un produit biologique et équitable, avec une garantie de qualité, de durabilité et de respect de votre santé et de l’environnement et donc d’économie dans le temps. C’est toute la différence entre un consommateur et un consommacteur »

 

2 – La gestion de nos déchets

Pour ceux et celles qui n’étaient pas en télétravail et n’avaient pas à faire les cours à leurs enfants, le confinement a peut-être été l’occasion d’un tri dans la maison.

Nul doute que les déchetteries, points de collecte et recycleries seront pris d’assaut dès leur réouverture !

Mais la gestion des déchets proposent dorénavant plusieurs alternatives, un peu de sémantique pour les identifier

 

Réparer  « les repair cafés »

La néerlandaise Martine Postma a créé le concept des repair cafés en 2007 qui vise à nous réapprendre la valeur des choses. Nous avons pris l’habitude de jeter beaucoup trop facilement, notamment ce qui est abîmé et qui pourrait pourtant être réparé, et contrer l’obsolescence programmée de certains produits.

Les réparateurs sont bénévoles et partagent leur savoir-faire, les repair cafés créent ainsi du lien social entre les habitants d’une commune, les générations et les catégories socio-professionnelles.

D’après l’organisation de Martine Postma (https://repaircafe.org/fr/visiter/) il y a au moins 110 repair cafés en France, sans doute davantage si on en croit les annonces d’ouverture fréquentes dans la presse ou les réseaux sociaux.

La marque « Réparacteurs » (https://www.annuaire-reparation.fr/) permet aux artisans de la réparation de se positionner en tant qu’acteur du développement durable et de l’économie circulaire. Elle leur apporte une meilleure visibilité et leur permet de se positionner en tant qu’acteur de la réduction des déchets sur les territoires.

Recycler   « Rien ne se perd, tout se remplace »

Le recyclage permet de convertir des déchets en produits réutilisables et contribue à la protection de l’environnement. Les objets abîmés ou dont on n’a plus l’usage, les matériaux de constructions anciennes ou rebus de travaux plus récents, les meubles…autant de sources de matières pour inventer du nouveau !

En région lyonnaise la société Mineka ,  utilise le réemploi : « pratique constructive pourtant millénaire, c’est la réutilisation d’un matériau destiné à la benne alors qu’il est encore viable, utilisé pour un même usage ou détourné. » Bois, verre, plexiglass, revêtements de sol mais aussi éléments métalliques, câbles deviennent des meubles ou des créations artistiques !

Dans la région de Clermont-Ferrand Arthur Verne et sa marque a.bsolument surfe sur la vague du développement durable et adapte les postes radio anciens en leur permettant de lire les appareils actuels en intégrant des composants de dernière génération, offrant ainsi une seconde vie à la radio de Papy!

Nous en avions parlé il y a 4 ans lorsque nous étions distributeur de ces belles radios à Lyon (lire ici)

 

 

Upcycler  « Rien ne se perd, tout se transforme »

Littéralement « recycler par le haut » (ou surcycler) permet de créer du neuf avec du vieux avec un gain de qualité et une plus-value pour le produit final.

Le concept est apparu dans les années 90, Reiner Pilz écrit:  “Recycling, I call it downcycling. They smash bricks, they smash everything. What we need is upcycling, where old products are given more value, not less.”

La plupart du temps l’usage initial de l’objet ou du matériau est détourné pour en faire un produit nouveau.

Même le luxe se convertit ainsi à l’écologie : Hermès a créé la gamme Petit h , des  accessoires et objets décoratifs fabriqués à partir de déchets récupérés dans leurs ateliers.

 

Découvert chez ADN Concept, le show-room déco “au naturel” créé récemment par Alexandra Vincent (Hava design) et Eddy Amoroso (Mon Sol en Pierre) pour lequel il a créé une verrière partir de matériaux recyclés, le savoyard Nicolas Fenestraz crée meubles et objets à partir de récupération sous la marque Freewind custom

 

Relooker

Donner un nouvel aspect, une nouvelle apparence à des personnes, à des lieux, à des objets ou des meubles (faux anglicisme- action de relooker : relooking ou relookage). Il est possible de relooker un meuble de famille auquel beaucoup de souvenirs sont attachés pour en faire un meuble au style plus contemporain qui s’adaptera davantage à votre décoration actuelle. Au contraire donner du cachet à un meuble banal en créant une patine et imiter l’usure du temps permet de sauvegarder des meubles plus ou moins anciens mais souvent de bonne qualité.

Relooker un meuble de grande distribution peut permettre de le rendre plus original et de se faire plaisir à moindre coût.

Customiser soi-même un meuble chiné en brocante est un autre moyen économique d’aménager son intérieur à son goût.

 

 

Se questionner et choisir de ne pas jeter est un acte responsable qui permet de se positionner dans une société qui jusqu’à récemment encourageait la surconsommation.

Alors, convaincus de ne plus jeter ?!

 

3 – Conservons nos meubles !

Selon la FNAEM (Fédération française du Négoce de l’Ameublement et de l’Équipement de la Maison) la question de la fin de vie du meuble devient progressivement un enjeu environnemental de premier plan. Les mentalités bougent  au profit de l’économie circulaire: « 88% des français sont attentifs à la durée de vie d’un meuble, 84% aux matériaux utilisés, et 82% veulent des informations sur la fabrication de leurs meubles et leur recyclabilité. ». La filière meuble a créé 5000 points de collecte pour particuliers et mis à disposition 40 000 bennes pour les professionnels. « La valorisation des déchets de l’ameublement s’impose progressivement selon une hiérarchie d’utilisation en adéquation avec les tendances liées à l’économie circulaire : les 93% de valorisation des tonnes collectées se répartissent en 58% de recyclage, 34% en valorisation énergétique et 1% en réemploi. »

Côtés distributeurs, la politique de Conforama prévoit d’indiquer aux clients comment leurs produits peuvent être recyclés.

Même démarche pour Ikéa : “Notre but est de créer des produits qui soient recyclables en fin de vie, pour réduire les quantités de déchets »  Ikéa propose également des animations sur le recyclage et le réemploi de ses meubles pour en allonger leur durée de vie.

En 2018, par le biais du label « Répar’acteurs » cité précédemment, L’Exquise Trouvaille avait été contactée par Ikéa qui cherchait des artisans pour un projet de remise à neuf de leurs meubles pour un circuit de vente « seconde main ». « Par exemple, nous testons actuellement le potentiel de solutions plus circulaires telles que la location de meubles, des systèmes de reprise et de rachat, l’aide à la réparation, à la réutilisation et au recyclage de vieux meubles ou la revente en seconde main. »

 

Côtés créateurs de mobilier, la marque Dizy créée en 2019 à partir de « l’envie d’améliorer la façon d’acheter le mobilier en alliant développement durable et créativité ». Dizy s’engage dans un processus éco-responsable en proposant des meubles construits à partir d’éléments recyclés et 100% remplaçables.

 

 

 

La démarche de Nicolas de Freewind Custom est de fabriquer du mobilier sur mesure (tables basses, tabourets, commodes, meubles tv, etc.) en s’appuyant sur des menuisiers locaux qui ont fait le choix du « surcyclage« , de l’écologie et de la qualité. Ensemble ils privilégient les circuits courts et l’économie locale pour contrer la pollution de l’industrie du mobilier (colles, déforestation, transport etc.).

 

Plus loin encore dans la démarche, la chaîne hôtelière Accor et son concept Greet propose  « des hôtels engagés localement, recentrés sur ce qui compte vraiment » où l’aménagement et la décoration font la part belle aux meubles et objets chinés et détournés, sur le modèle des chambres d’hôtes et de leurs valeurs conviviales et authentiques.

 

Cet article vous interpelle ? A l’occasion du confinement vous avez peut-être envisagé des changements d’aménagement mais vous hésitiez à vous débarrasser de certains meubles ?

Jetez un œil aux relookings réalisés par L’Exquise Trouvaille ici pour vous convaincre de les sauvegarder !

 

 

 

Sources :

https://www.consoglobe.com/slow-design-deco-ecolo-ethique-2666-cg

https://hava-design.fr/conseil-slow-design-ecologique-rhone/

https://www.crma-auvergnerhonealpes.fr/gerer/repar-acteurs

https://repaircafe.org/fr/a-propos/

https://www.fnaem.fr/dl/communiques/FNAEM_COMMUNIQUE_196.pdf

 

Articles à suivre :

# 2 On soutient les artisans, leur savoir-faire et la qualité !

# 3 On prend soin de sa santé !

# 4 On se fait plaisir !

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